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Octobre, les journées rapetissent, les températures diminuent, on observe la migration des oiseaux et les couleurs changeantes des arbres. Ici, on prolonge encore un peu l'été indien avec Pascal, son sourire et ses légumes du soleil. J'ai rencontré Pascal au café villageois de Lauris, au sud du parc régional du Luberon, là où tous les jeudis soirs se réunissent les petits producteurs bio du coin, étalant humblement et fièrement les produits nés de leurs mains et de la Terre, comme du pain au petit épeautre et au levain (fermentation lente, garantie sans mal de ventre), du fromage de brebis happy, un bon vin rouge pour accompagner tout ça et même des huiles essentielles de plantes récoltées sauvagement mais respectueusement dans notre cher Luberon. Et puis bien sûr, il y a toujours les fruits et légumes de saison, colorés, vitaminés et savoureux. Plusieurs maraichers proposent différents légumes et au sein d'une espèce on retrouve des variétés différentes, adios les tomates fades, les hybrides brillants et ennuyants, hola les aubergines violettes, blanches, vertes et les variétés anciennes (non, on ne veut pas vous oublier!). Vive la biodiversité ! Le marché donne sur un jardin des rêves en permaculture, la buvette est voisine, la bonne ambiance toujours présente. D'ailleurs, qui dit marché dit rencontres, échanges de recettes et convivialité, une fois Pascal qui préparait une jolie cagette de légumes d'été me donne sa recette de ratatouille (dont le secret est révélé un peu plus bas). 


Quelques semaines plus tard, nous voilà dans sa cuisine à préparer le fameux plat en question. Mais avant ça, Pascal m'ouvre les portes de son jardin, une serre qui ressemble plus à une jungle luxuriante qu'à une succession de rangées proprettes et ça, ce n'est pas pour me déplaire, au contraire ! Les « mauvaises herbes », les araignées et les nombreux insectes tiennent compagnie aux légumes, le maraicher dispose même des offrandes de tomates abimées pour rasasier les campagnols affamés et garder les autres légumes entiers. Les auxiliaires améliorent la terre et se régalent des «nuisibles », les fleurs charment les mellifères, le lieu est fertile et harmonieux. On commence par cueillir les tomates, vertes, jaunes, oranges, rouges, zébrées, dégradées, rondes, allongées, cornues, un vrai plaisir visuel et olfactif. On avance dans la serre parmi les plants serrés, écartants les feuilles, cueillant les fruits et légumes gorgés de soleil, cultivés avec amour. Et cela fait toute la différence comme dit Pascal, lorsqu'on porte toute son attention à ses plantes, qu'on les bichonne, la bonne énergie est transmise aux végétaux, et sûrement aussi à ceux qui les dégustent par la suite. Cela fait tout juste un an que Pascal cultive en tant que maraicher et quelle joie pour lui de récolter le fruit de son travail. Il privilégie les variétés anciennes qui donnent des descendants fertiles contrairement aux hybrides qui nous rendent complètement dépendants des grands groupes internationaux pouf leur racheter des semences d'année en année, les variétés anciennes ont également l'avantage d'être plus résistantes et moins exigeantes en apports organiques, ils sont non seulement plus robustes mais également bien plus goûteux. D'ailleurs, Pascal a été incité à planter des hybrides tomates coeur de bœuf et l'aubergine qu'on retrouve dans les supermarchés, « juste au cas-où » mais il s'avère que ses plants de tomates et aubergines anciennes sont bien plus productifs. Et pour de beaux légumes, il faut un sol en bonne santé, le jeune maraicher a d'ailleurs suivi une formation sur la conservation des sols et non sur le maraîchage en lui-même. Un parcours assez inhabituel, Pascal sourit à la vie et la vie le lui rend bien. 

Après la récolte, on passe à la cuisine avec un panier bien rempli. Tomates, aubergines, courgettes, poivrons, oignons, des saveurs d'été, avec lesquelles le maraicher prépare une ratatouille (mais parfois la vie nous surprend et le plat se transforme… ahaha). Son secret est de pré-cuire chaque légume séparément avant de tous les rassembler pour terminer la cuisson, afin de conserver les arômes de chaque légume. Enfin, je dis son secret, mais à vrai dire Pascal avait l'habitude de laisser mijoter tous les légumes ensemble, mais c'est une amie qui lui a confié ce petit truc et on s'est donc lancé dans cette longue préparation tous les deux pour la première fois, je me retrousse les manches et on cuisine dans la bonne humeur, en prenant le temps. Après avoir soigneusement découpé tous les légumes, pressé le jus sucré des tomates, brûlé les aubergine au four, puis en cuire de nouvelles à la poêle (oui ici, c'est de la vraie cuisine avec les incidents de parcours de la vraie vie qui vont avec), confit les oignons à la confiture de roses (récoltées et transformées par Pascal lui-même), rassemblé les légumes pour terminer la cuisson, on goûte, curieux, et oh surprise cela ne ressemble pas aux saveurs d'une ratatouille, c'est plus chaud, plus sucré, presque confit, très légèrement épicé (les poivrons ont un petit truc pimenté), méditerranéen certes mais avec une forte tonalité orientale. Un délice qui fond en bouche, voici la recette.


Légumes du soleil, un petit goût du Maghreb

- 1,5 part de tomates : andines cornues, green zebra, carotina, golden jubilée, noire de Crimée, black pineapple … ou toutes les autres tomates anciennes cultivées avec amour que vous trouverez
- 1 part d'aubergines : louisiana et imperial black beauty
- 1 part de courgettes : petites, jaunes et vertes, en fleur ou pas
- 1 part de poivrons : cornes de taureau pour un petit goût épicé
- 1 part d'oignons : rossa di longa, blancs, rouges
- une ou deux gousses d'ail
- confiture de pétales de roses (ou miel)
- huile d'olive
- sel, poivre

Couper les tomates en gros dés, les aubergines en rondelles, les courgettes en bâtonnets, les petits poivrons égrainés en deux, hacher les oignons. 
Faire suer les oignons dans de l'huile d'olive, ajouter de l'eau jusqu'à absorption, répéter l'opération de nombreuses fois, puis ajouter la confiture de pétales de roses (ou du miel) à la dernière minute pour caraméliser les oignons. 
Enfourner les poivrons à 200°C pendant 20 minutes, plus ou moins, selon vos poivrons.
Presser les tomates découpées pour récupérer le jus et le réserver. Les faire revenir à feu doux.
Saler les rondelles d'aubergines et les faire revenir. Faire revenir les courgettes en les gardant bien croquantes.
Mélanger tous les légumes et terminer la cuisson dans un fait-tout. Saler, poivrer, déguster.

Riz pilaf coloré

- riz
- jus des tomates
- un peu de curry
- sel, poivre

À feu doux, verser le riz dans une poêle et arroser d'un peu d'huile d'olive. Bien mélanger jusqu'à ce que les grains deviennent translucides, ajouter le jus des tomates. Remuer régulièrement jusqu'à ce que tout le jus soit absorbé. Si besoin allonger avec de l'eau, saler, poivrer, épicer légèrement au curry, remuer régulièrement jusqu'à ce que le riz soit cuit et presque sec. Servir bien chaud pour accompagner les légumes du soleil.

Cet article commence à devenir long, j'espère que cette rencontre avec Pascal et son petit coin de paradis vous a plu et que cette recette vous apportera un peu de chaleur durant ces longues soirées d'automne. Les fleurs d'hibiscus étaient la jolie surprise le jour de notre récolte, Pascal les transforme pour faire une boisson africaine: le bissap.




Pascal, son jardin et ses légumes du soleil

dimanche 23 octobre 2016


Octobre, les journées rapetissent, les températures diminuent, on observe la migration des oiseaux et les couleurs changeantes des arbres. Ici, on prolonge encore un peu l'été indien avec Pascal, son sourire et ses légumes du soleil. J'ai rencontré Pascal au café villageois de Lauris, au sud du parc régional du Luberon, là où tous les jeudis soirs se réunissent les petits producteurs bio du coin, étalant humblement et fièrement les produits nés de leurs mains et de la Terre, comme du pain au petit épeautre et au levain (fermentation lente, garantie sans mal de ventre), du fromage de brebis happy, un bon vin rouge pour accompagner tout ça et même des huiles essentielles de plantes récoltées sauvagement mais respectueusement dans notre cher Luberon. Et puis bien sûr, il y a toujours les fruits et légumes de saison, colorés, vitaminés et savoureux. Plusieurs maraichers proposent différents légumes et au sein d'une espèce on retrouve des variétés différentes, adios les tomates fades, les hybrides brillants et ennuyants, hola les aubergines violettes, blanches, vertes et les variétés anciennes (non, on ne veut pas vous oublier!). Vive la biodiversité ! Le marché donne sur un jardin des rêves en permaculture, la buvette est voisine, la bonne ambiance toujours présente. D'ailleurs, qui dit marché dit rencontres, échanges de recettes et convivialité, une fois Pascal qui préparait une jolie cagette de légumes d'été me donne sa recette de ratatouille (dont le secret est révélé un peu plus bas). 


Quelques semaines plus tard, nous voilà dans sa cuisine à préparer le fameux plat en question. Mais avant ça, Pascal m'ouvre les portes de son jardin, une serre qui ressemble plus à une jungle luxuriante qu'à une succession de rangées proprettes et ça, ce n'est pas pour me déplaire, au contraire ! Les « mauvaises herbes », les araignées et les nombreux insectes tiennent compagnie aux légumes, le maraicher dispose même des offrandes de tomates abimées pour rasasier les campagnols affamés et garder les autres légumes entiers. Les auxiliaires améliorent la terre et se régalent des «nuisibles », les fleurs charment les mellifères, le lieu est fertile et harmonieux. On commence par cueillir les tomates, vertes, jaunes, oranges, rouges, zébrées, dégradées, rondes, allongées, cornues, un vrai plaisir visuel et olfactif. On avance dans la serre parmi les plants serrés, écartants les feuilles, cueillant les fruits et légumes gorgés de soleil, cultivés avec amour. Et cela fait toute la différence comme dit Pascal, lorsqu'on porte toute son attention à ses plantes, qu'on les bichonne, la bonne énergie est transmise aux végétaux, et sûrement aussi à ceux qui les dégustent par la suite. Cela fait tout juste un an que Pascal cultive en tant que maraicher et quelle joie pour lui de récolter le fruit de son travail. Il privilégie les variétés anciennes qui donnent des descendants fertiles contrairement aux hybrides qui nous rendent complètement dépendants des grands groupes internationaux pouf leur racheter des semences d'année en année, les variétés anciennes ont également l'avantage d'être plus résistantes et moins exigeantes en apports organiques, ils sont non seulement plus robustes mais également bien plus goûteux. D'ailleurs, Pascal a été incité à planter des hybrides tomates coeur de bœuf et l'aubergine qu'on retrouve dans les supermarchés, « juste au cas-où » mais il s'avère que ses plants de tomates et aubergines anciennes sont bien plus productifs. Et pour de beaux légumes, il faut un sol en bonne santé, le jeune maraicher a d'ailleurs suivi une formation sur la conservation des sols et non sur le maraîchage en lui-même. Un parcours assez inhabituel, Pascal sourit à la vie et la vie le lui rend bien. 

Après la récolte, on passe à la cuisine avec un panier bien rempli. Tomates, aubergines, courgettes, poivrons, oignons, des saveurs d'été, avec lesquelles le maraicher prépare une ratatouille (mais parfois la vie nous surprend et le plat se transforme… ahaha). Son secret est de pré-cuire chaque légume séparément avant de tous les rassembler pour terminer la cuisson, afin de conserver les arômes de chaque légume. Enfin, je dis son secret, mais à vrai dire Pascal avait l'habitude de laisser mijoter tous les légumes ensemble, mais c'est une amie qui lui a confié ce petit truc et on s'est donc lancé dans cette longue préparation tous les deux pour la première fois, je me retrousse les manches et on cuisine dans la bonne humeur, en prenant le temps. Après avoir soigneusement découpé tous les légumes, pressé le jus sucré des tomates, brûlé les aubergine au four, puis en cuire de nouvelles à la poêle (oui ici, c'est de la vraie cuisine avec les incidents de parcours de la vraie vie qui vont avec), confit les oignons à la confiture de roses (récoltées et transformées par Pascal lui-même), rassemblé les légumes pour terminer la cuisson, on goûte, curieux, et oh surprise cela ne ressemble pas aux saveurs d'une ratatouille, c'est plus chaud, plus sucré, presque confit, très légèrement épicé (les poivrons ont un petit truc pimenté), méditerranéen certes mais avec une forte tonalité orientale. Un délice qui fond en bouche, voici la recette.


Légumes du soleil, un petit goût du Maghreb

- 1,5 part de tomates : andines cornues, green zebra, carotina, golden jubilée, noire de Crimée, black pineapple … ou toutes les autres tomates anciennes cultivées avec amour que vous trouverez
- 1 part d'aubergines : louisiana et imperial black beauty
- 1 part de courgettes : petites, jaunes et vertes, en fleur ou pas
- 1 part de poivrons : cornes de taureau pour un petit goût épicé
- 1 part d'oignons : rossa di longa, blancs, rouges
- une ou deux gousses d'ail
- confiture de pétales de roses (ou miel)
- huile d'olive
- sel, poivre

Couper les tomates en gros dés, les aubergines en rondelles, les courgettes en bâtonnets, les petits poivrons égrainés en deux, hacher les oignons. 
Faire suer les oignons dans de l'huile d'olive, ajouter de l'eau jusqu'à absorption, répéter l'opération de nombreuses fois, puis ajouter la confiture de pétales de roses (ou du miel) à la dernière minute pour caraméliser les oignons. 
Enfourner les poivrons à 200°C pendant 20 minutes, plus ou moins, selon vos poivrons.
Presser les tomates découpées pour récupérer le jus et le réserver. Les faire revenir à feu doux.
Saler les rondelles d'aubergines et les faire revenir. Faire revenir les courgettes en les gardant bien croquantes.
Mélanger tous les légumes et terminer la cuisson dans un fait-tout. Saler, poivrer, déguster.

Riz pilaf coloré

- riz
- jus des tomates
- un peu de curry
- sel, poivre

À feu doux, verser le riz dans une poêle et arroser d'un peu d'huile d'olive. Bien mélanger jusqu'à ce que les grains deviennent translucides, ajouter le jus des tomates. Remuer régulièrement jusqu'à ce que tout le jus soit absorbé. Si besoin allonger avec de l'eau, saler, poivrer, épicer légèrement au curry, remuer régulièrement jusqu'à ce que le riz soit cuit et presque sec. Servir bien chaud pour accompagner les légumes du soleil.

Cet article commence à devenir long, j'espère que cette rencontre avec Pascal et son petit coin de paradis vous a plu et que cette recette vous apportera un peu de chaleur durant ces longues soirées d'automne. Les fleurs d'hibiscus étaient la jolie surprise le jour de notre récolte, Pascal les transforme pour faire une boisson africaine: le bissap.





La rentrée est arrivée et après le rythme ralenti de l'été, me voilà de retour par ici pour vous présenter Charlotte du blog The Fox and The Knife, que certain(e)s d'entres vous connaissent déjà. Son blog est un vrai régal pour les yeux comme pour les papilles avec ses photos ultra soignées de plats colorés à tendance végétale. Beaucoup de recettes me donnent l'eau à la bouche sur la blogosphère et pourtant c'est très rare que je les suive dans ma cuisine… mais celles de Charlotte font exception! Parce qu'elles sont aussi simples que savoureuses, essentiellement composées de légumes (de saison!) avec une petite touche d'originalité qui nous emmène en voyage, on les réalise en deux temps trois mouvements pour un vrai plaisir gustatif. J'étais donc curieuse de savoir qui se cachait derrière The Fox and The Knife et lors de mon séjour bordelais, j'envoie un petit mot à Charlotte lui proposant une rencontre et si elle accepterait que je lui tire son (food) portrait. Elle accepte, youpi ! Tout s'improvise un peu à la dernière minute, entre ses journées passées en famille au bassin d'Arcachon et son voyage au Portugal, elle m'accueille très gentiment chez elle. Et la première chose que je remarque chez Charlotte, avec ses grands yeux bleus et sa peau dorée, c'est sa beauté qui additionnée à sa timidité, en devient encore plus touchante. Elle m'ouvre les portes de son appartement bordelais où un ficus prend de la hauteur sous les plafonds, face à un luminaire en papier washi signé Noguchi transmis de mère en fille, qui lui-même repose à côté d'un tapis berbère artisanal contemporain, un des trésors que Charlotte et sa copine dégotent au Maroc. Ensemble, elles ont fondé la marque maison Menara qui propose de sublimes tapis kilim vintage ou boucherouite, tapis "à franges" tissés avec des chutes de tissus usés. Elles vendent également des pièces uniques qu'elles imaginent, puis fabriquées sur place grâce au savoir-faire marocain; des pochettes transformables en sacs en bandoulière très colorés, faits d'anciens tissus kilim chinés et de cuir local. Une marque qui met à l'honneur l'artisanat du Maroc (c'était tellement beau que j'en ai oublié de prendre des photos, excusez-moi). Charlotte, au sens du goût inné et un peu touche à tout, a pris des cours de céramique et a tournassé ces petites tasses à café très années 50 et modelé le cactus géant jusqu'à leur donner leur émail coloré. Je reste admirative devant ses créations.

Après l'aspect milk décoration de cette rencontre, passons au côté kinfolk, les arts de la table, avec son livre de cuisine dont l'esthétique me rappelle le célèbre magazine. Ce livre n'est pas à vendre mais il n'a pas de prix, c'est un hommage à la cuisine familiale, tout particulièrement à sa grand-mère d'origine alsacienne dont elle réalise les recettes précieusement conservées comme le fameux kougelhopf, la soupe à l'oignon ou encore les crêpes à l'orange. Son père est également un bon cuisinier qui lui a transmis le goût des bonnes choses, tout comme sa mère lui a transmis le goût des belles choses.


J'ai rencontré Charlotte, il y a presque deux mois et sa recette est toujours d'actualité par cet été indien, avec une salade fraîche de tagliatelles de courgettes. Very healthy and very tasty, comme beaucoup des recettes de son blog où les mots « sain » et « équilibre » sont pourtant absents, ses recettes sont « instinctivement » bonnes au goût et bonnes pour la santé. Cette salade qui a du mordant, revient régulièrement sur la table de Charlotte (pourtant la recette est inédite!) avec milles variantes possibles. Ce jour là, Charlotte a une jolie surprise chez son primeur avec des petites courgettes jaunes à côté des vertes, pour encore plus de couleurs et de vitamines. Puis petit tour chez le crémier, pour une savoureuse feta. Charlotte est proche des ingrédients qu'elle utilise, son huile d'olive par exemple est produite par sa belle famille en Corse. Mmmh avec tout ça, ça sent bon la Méditerranée et n'oublions pas le basilic pour encore plus de soleil dans l'assiette. On a de quoi prolonger l'été durant ce mois de rentrée.

Salade fraîche de tagliatelles de courgettes (pour 2 personnes)

- 3 petites courgettes (2 jaunes et 1 verte)
- 1 demi oignon rouge
- une belle poignée de basilic
- le jus d'un citron
- 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
- un demi bloc de feta
- une poignée de graines de tournesol torréfiées
- sel de Guérande, poivre au moulin et une pincée de piment d'Espelette

Dans un saladier, verser l'huile d'olive et le jus d'un citron fraîchement pressé. Saler, poiver et pimenter d'Espelette. Ajouter l'oignon rouge finement haché. À l'aide d'un économe, faire des tagliatelles de courgettes dans la longueur et lorsqu'il ne reste plus que les pépins, garder le reste de courgette pour un wok ou une soupe. Les ajouter dans le saladier ainsi que la féta coupée en petits morceaux. Ciseler le basilic par dessus le tout, bien mélanger et laisser les saveurs s'imprégner, les tagliatelles s'attendrir légèrement pendant 30 minutes au réfrigérateur. Pendant ce temps, torréfier les graines de tournesol dans une poêle. Les ajouter, bien remuer, servir, savourer.

Variantes: Cette salade est déclinable à l'infini en fonction de votre appétit et de vos fonds de placard. Charlotte propose de rajouter de la graine de couscous ou des lentilles pour plus de consistance, de remplacer les grains de tournesol par des pignons de pins ou la féta par de la mozzarella.

Cette recette savoureuse est juste parfaite pour faire manger et apprécier des courgettes (crues!) (et jaunes!) à n'importe quel enfant, petit ou grand, qui fait la grimace rien qu'en entendant « légume vert ». D'ailleurs si vous n'avez pas encore cliqué, je vous invite grandement à visiter le blog The Fox and The Knife rempli de recettes qui donnent toutes plus envie les unes que les autres. Internet nous permet de s'informer, de voyager, de s'inspirer, de se détendre, de s'émerveiller, de réfléchir, et puis parfois comme là avec Charlotte de faire de très jolies rencontres. Je suis un peu gênée de mes photos qui à vrai dire ne sont pas du tout à la hauteur de la réalité, j'espère que vous pourrez tout de même découvrir un peu plus Charlotte et son univers qui correspondent tout à fait à son blog. Et il n'y avait même pas une pièce avec tout un bazar caché, non, non, tout était réellement parfait. Un grand merci à Charlotte pour tout. J'ai hâte de vous présenter de nouvelles personnes qui fabriquent des merveilles avec leurs petites mains.


À table avec Charlotte du blog The Fox and The Knife

dimanche 11 septembre 2016


La rentrée est arrivée et après le rythme ralenti de l'été, me voilà de retour par ici pour vous présenter Charlotte du blog The Fox and The Knife, que certain(e)s d'entres vous connaissent déjà. Son blog est un vrai régal pour les yeux comme pour les papilles avec ses photos ultra soignées de plats colorés à tendance végétale. Beaucoup de recettes me donnent l'eau à la bouche sur la blogosphère et pourtant c'est très rare que je les suive dans ma cuisine… mais celles de Charlotte font exception! Parce qu'elles sont aussi simples que savoureuses, essentiellement composées de légumes (de saison!) avec une petite touche d'originalité qui nous emmène en voyage, on les réalise en deux temps trois mouvements pour un vrai plaisir gustatif. J'étais donc curieuse de savoir qui se cachait derrière The Fox and The Knife et lors de mon séjour bordelais, j'envoie un petit mot à Charlotte lui proposant une rencontre et si elle accepterait que je lui tire son (food) portrait. Elle accepte, youpi ! Tout s'improvise un peu à la dernière minute, entre ses journées passées en famille au bassin d'Arcachon et son voyage au Portugal, elle m'accueille très gentiment chez elle. Et la première chose que je remarque chez Charlotte, avec ses grands yeux bleus et sa peau dorée, c'est sa beauté qui additionnée à sa timidité, en devient encore plus touchante. Elle m'ouvre les portes de son appartement bordelais où un ficus prend de la hauteur sous les plafonds, face à un luminaire en papier washi signé Noguchi transmis de mère en fille, qui lui-même repose à côté d'un tapis berbère artisanal contemporain, un des trésors que Charlotte et sa copine dégotent au Maroc. Ensemble, elles ont fondé la marque maison Menara qui propose de sublimes tapis kilim vintage ou boucherouite, tapis "à franges" tissés avec des chutes de tissus usés. Elles vendent également des pièces uniques qu'elles imaginent, puis fabriquées sur place grâce au savoir-faire marocain; des pochettes transformables en sacs en bandoulière très colorés, faits d'anciens tissus kilim chinés et de cuir local. Une marque qui met à l'honneur l'artisanat du Maroc (c'était tellement beau que j'en ai oublié de prendre des photos, excusez-moi). Charlotte, au sens du goût inné et un peu touche à tout, a pris des cours de céramique et a tournassé ces petites tasses à café très années 50 et modelé le cactus géant jusqu'à leur donner leur émail coloré. Je reste admirative devant ses créations.

Après l'aspect milk décoration de cette rencontre, passons au côté kinfolk, les arts de la table, avec son livre de cuisine dont l'esthétique me rappelle le célèbre magazine. Ce livre n'est pas à vendre mais il n'a pas de prix, c'est un hommage à la cuisine familiale, tout particulièrement à sa grand-mère d'origine alsacienne dont elle réalise les recettes précieusement conservées comme le fameux kougelhopf, la soupe à l'oignon ou encore les crêpes à l'orange. Son père est également un bon cuisinier qui lui a transmis le goût des bonnes choses, tout comme sa mère lui a transmis le goût des belles choses.


J'ai rencontré Charlotte, il y a presque deux mois et sa recette est toujours d'actualité par cet été indien, avec une salade fraîche de tagliatelles de courgettes. Very healthy and very tasty, comme beaucoup des recettes de son blog où les mots « sain » et « équilibre » sont pourtant absents, ses recettes sont « instinctivement » bonnes au goût et bonnes pour la santé. Cette salade qui a du mordant, revient régulièrement sur la table de Charlotte (pourtant la recette est inédite!) avec milles variantes possibles. Ce jour là, Charlotte a une jolie surprise chez son primeur avec des petites courgettes jaunes à côté des vertes, pour encore plus de couleurs et de vitamines. Puis petit tour chez le crémier, pour une savoureuse feta. Charlotte est proche des ingrédients qu'elle utilise, son huile d'olive par exemple est produite par sa belle famille en Corse. Mmmh avec tout ça, ça sent bon la Méditerranée et n'oublions pas le basilic pour encore plus de soleil dans l'assiette. On a de quoi prolonger l'été durant ce mois de rentrée.

Salade fraîche de tagliatelles de courgettes (pour 2 personnes)

- 3 petites courgettes (2 jaunes et 1 verte)
- 1 demi oignon rouge
- une belle poignée de basilic
- le jus d'un citron
- 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
- un demi bloc de feta
- une poignée de graines de tournesol torréfiées
- sel de Guérande, poivre au moulin et une pincée de piment d'Espelette

Dans un saladier, verser l'huile d'olive et le jus d'un citron fraîchement pressé. Saler, poiver et pimenter d'Espelette. Ajouter l'oignon rouge finement haché. À l'aide d'un économe, faire des tagliatelles de courgettes dans la longueur et lorsqu'il ne reste plus que les pépins, garder le reste de courgette pour un wok ou une soupe. Les ajouter dans le saladier ainsi que la féta coupée en petits morceaux. Ciseler le basilic par dessus le tout, bien mélanger et laisser les saveurs s'imprégner, les tagliatelles s'attendrir légèrement pendant 30 minutes au réfrigérateur. Pendant ce temps, torréfier les graines de tournesol dans une poêle. Les ajouter, bien remuer, servir, savourer.

Variantes: Cette salade est déclinable à l'infini en fonction de votre appétit et de vos fonds de placard. Charlotte propose de rajouter de la graine de couscous ou des lentilles pour plus de consistance, de remplacer les grains de tournesol par des pignons de pins ou la féta par de la mozzarella.

Cette recette savoureuse est juste parfaite pour faire manger et apprécier des courgettes (crues!) (et jaunes!) à n'importe quel enfant, petit ou grand, qui fait la grimace rien qu'en entendant « légume vert ». D'ailleurs si vous n'avez pas encore cliqué, je vous invite grandement à visiter le blog The Fox and The Knife rempli de recettes qui donnent toutes plus envie les unes que les autres. Internet nous permet de s'informer, de voyager, de s'inspirer, de se détendre, de s'émerveiller, de réfléchir, et puis parfois comme là avec Charlotte de faire de très jolies rencontres. Je suis un peu gênée de mes photos qui à vrai dire ne sont pas du tout à la hauteur de la réalité, j'espère que vous pourrez tout de même découvrir un peu plus Charlotte et son univers qui correspondent tout à fait à son blog. Et il n'y avait même pas une pièce avec tout un bazar caché, non, non, tout était réellement parfait. Un grand merci à Charlotte pour tout. J'ai hâte de vous présenter de nouvelles personnes qui fabriquent des merveilles avec leurs petites mains.



En Provence, l'été et ses quarante degrés ne font pas dans la légèreté, les cigales chantent à tue-tête, les siestes sont devenues irrésistibles, les melons s'étalent au marché et la mer envahit nos pensées. Bon, je crois que je parle un peu trop météo et changement de saison par ici… enfin tout ça pour dire qu'on a bien envie de se désaltérer et quoi de mieux qu'un bon lassi pour ça ? Si cela sonne un peu trop exotique, je vous explique : c'est une boisson lactée et sucrée typiquement indienne, on s'était réchauffé avec un chaï épicé l'hiver dernier et à l'inverse, le lassi a pour objectif de nous refroidir. Outre le fait qu'il soit servi très frais, parfois avec des glaçons, c'est le yaourt au lait de vache qui apaise le feu dans la bouche après un curry un peu trop pimenté (tout est question d'équilibre en Inde). Aujourd'hui, je vous propose une version vegan, sans lactose, pour une boisson plus légère et digeste. J'ai remplacé le yaourt par du lait de riz et du lait de coco pour la touche gourmande et exotique. Mon lassi préféré est celui à la mangue, fruit adoré depuis ma tendre enfance, mais cette-fois-ci j'ai voulu privilégier un ingrédient plus local, le coquelicot, pour une boisson florale, végétale et rafraîchissante. Oui, oui, oui, le coquelicot est comestible et c'est même très très bon pour nos voies respiratoires, en cas de maux de gorge, d'asthme, une petite cuillère de sirop et on est prêt pour chanter de l'opéra! On le retrouve de mai à juillet parsemant ou inondant carrément les champs de blés non traités et les prairies d'un joli rouge, attrapez votre panier tressé, n'oubliez pas votre chapeau de paille, et cette fois-ci, pas besoin de se charger avec un livre de botanique, il n'y a pas de cueillette plus facile, on repère ces fleurs sauvages de loin. Soyons patients, il faudra remplir notre panier des jusqu'en haut pour faire une petite bouteille de sirop, mais quel plaisir de découvrir toutes les petites bêtes qui se cachent, protégées par les délicates pétales du coquelicot. Ensuite, direction la cuisine-pharmacie, pour concocter ce sirop de coquelicot en deux temps, trois mouvements.


Sirop de coquelicot 

- 250 g de pétales toute fraiches de coquelicot
- 300 g de sucre roux
- 250 ml d'eau

Porter les pétales et l'eau à ébullition, éteindre le feu et laisser infuser 30 minutes. Filtrer et ajouter le sucre puis porter à faible ébullition et laisser cuire à feu doux jusqu'à obtenir une texture épaisse... comme un sirop. À conserver dans une bouteille en verre préalablement stérilisée. À conserver au réfrigérateur, une fois la bouteille ouverte. Ce sirop est efficace en en cas de gorge irritée ou de toux. 

Lassi végétal et floral

- 1/2 verre de sirop de coquelicot 
- 1 verre de lait de coco
- 3 verres de lait de riz

Verser les trois ingrédients ultra frais dans le blender, mix, smooth, enjoy ! Une boisson originale, surprenante (dans le bon sens, je trouve) à siroter avec une paille et un bon bouquin ou au bord d'une piscine pour fêter les vacances avec ses amis.

J'espère que cette boisson végétale inspirée du fameux lassi à l'eau de rose vous apporte ra un peu de fraicheur, que ces bavardages autour des cueillettes sauvages ne vous ennuient pas trop et que je ne vous effraie pas avec ce côté « potion magique»… c'est vrai que ces derniers articles s'éloignent des « food portraits » que j'aime tant, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. En tout cas, je reviens bientôt par ici avec une blogueuse que j'adore.. dans sa cuisine!

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Frais et floral, lassi au coquelicot

jeudi 21 juillet 2016


En Provence, l'été et ses quarante degrés ne font pas dans la légèreté, les cigales chantent à tue-tête, les siestes sont devenues irrésistibles, les melons s'étalent au marché et la mer envahit nos pensées. Bon, je crois que je parle un peu trop météo et changement de saison par ici… enfin tout ça pour dire qu'on a bien envie de se désaltérer et quoi de mieux qu'un bon lassi pour ça ? Si cela sonne un peu trop exotique, je vous explique : c'est une boisson lactée et sucrée typiquement indienne, on s'était réchauffé avec un chaï épicé l'hiver dernier et à l'inverse, le lassi a pour objectif de nous refroidir. Outre le fait qu'il soit servi très frais, parfois avec des glaçons, c'est le yaourt au lait de vache qui apaise le feu dans la bouche après un curry un peu trop pimenté (tout est question d'équilibre en Inde). Aujourd'hui, je vous propose une version vegan, sans lactose, pour une boisson plus légère et digeste. J'ai remplacé le yaourt par du lait de riz et du lait de coco pour la touche gourmande et exotique. Mon lassi préféré est celui à la mangue, fruit adoré depuis ma tendre enfance, mais cette-fois-ci j'ai voulu privilégier un ingrédient plus local, le coquelicot, pour une boisson florale, végétale et rafraîchissante. Oui, oui, oui, le coquelicot est comestible et c'est même très très bon pour nos voies respiratoires, en cas de maux de gorge, d'asthme, une petite cuillère de sirop et on est prêt pour chanter de l'opéra! On le retrouve de mai à juillet parsemant ou inondant carrément les champs de blés non traités et les prairies d'un joli rouge, attrapez votre panier tressé, n'oubliez pas votre chapeau de paille, et cette fois-ci, pas besoin de se charger avec un livre de botanique, il n'y a pas de cueillette plus facile, on repère ces fleurs sauvages de loin. Soyons patients, il faudra remplir notre panier des jusqu'en haut pour faire une petite bouteille de sirop, mais quel plaisir de découvrir toutes les petites bêtes qui se cachent, protégées par les délicates pétales du coquelicot. Ensuite, direction la cuisine-pharmacie, pour concocter ce sirop de coquelicot en deux temps, trois mouvements.


Sirop de coquelicot 

- 250 g de pétales toute fraiches de coquelicot
- 300 g de sucre roux
- 250 ml d'eau

Porter les pétales et l'eau à ébullition, éteindre le feu et laisser infuser 30 minutes. Filtrer et ajouter le sucre puis porter à faible ébullition et laisser cuire à feu doux jusqu'à obtenir une texture épaisse... comme un sirop. À conserver dans une bouteille en verre préalablement stérilisée. À conserver au réfrigérateur, une fois la bouteille ouverte. Ce sirop est efficace en en cas de gorge irritée ou de toux. 

Lassi végétal et floral

- 1/2 verre de sirop de coquelicot 
- 1 verre de lait de coco
- 3 verres de lait de riz

Verser les trois ingrédients ultra frais dans le blender, mix, smooth, enjoy ! Une boisson originale, surprenante (dans le bon sens, je trouve) à siroter avec une paille et un bon bouquin ou au bord d'une piscine pour fêter les vacances avec ses amis.

J'espère que cette boisson végétale inspirée du fameux lassi à l'eau de rose vous apporte ra un peu de fraicheur, que ces bavardages autour des cueillettes sauvages ne vous ennuient pas trop et que je ne vous effraie pas avec ce côté « potion magique»… c'est vrai que ces derniers articles s'éloignent des « food portraits » que j'aime tant, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. En tout cas, je reviens bientôt par ici avec une blogueuse que j'adore.. dans sa cuisine!

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Madeleine à bicyclette a un an, un mois, quelques semaines et quelques jours. Au parc du palais impérial de Kyoto, assise seule au milieu des cerisiers fleuris, de familles, collègues et touristes célébrant hanami, j'écrivais le premier article de ce blog. Il y a presque deux ans, je rencontrais Yehosua qui m'a gentiment concocté un plat mexicain épicé avec un sourire aussi éclatant que le soleil de Barcelone. Et puis, Madeleine à bicyclette me trotte dans la tête depuis bien plus longtemps. Vous l'avez compris, je suis très lente pour réaliser les (quelques) idées (des milliers) qui me traversent l'esprit. J'aime la slow food (et je mange lentement pour le plus grand plaisir de mes proches hahaha) et la slow life de manière générale. J'adorerai rencontrer plus souvent de nouvelles personnes, de nouveaux pays, de nouvelles spécialités culinaires mais je suis une tortue (pédalant à toute allure sur sa bicyclette) qui aime rêver et se promener (et puis manger mais ça, vous le saviez déjà). J'ai troqué ma Lorraine natale pour la belle région provençale jusqu'à l'automne et me voici entre les vignes et la garrigue sans connexion internet, ce qui n'accélérera pas mon tissage sur la toile. Je m'excuse pour ces silences prolongés sur cet espace de partage, pourtant les cueillettes sauvages et les expériences en cuisine n'ont jamais été aussi fréquentes. En tout cas, j'éprouve toujours un immense plaisir à recevoir vos petits mots et les photos des recettes essayées par certaines d'entre vous (hého, est-ce qu'il y a des mecs par ici?). D'ailleurs, il est temps de vous livrer une recette avec du chardon-Marie. Un nom peu appétissant et un aspect plutôt repoussant. Malgré ses nombreuses épines, il a très bon goût et veut tout notre bien. On le consomme au printemps pour nettoyer son foie après la nourriture riche de l'hiver. Cette fois-ci, c'est une transition en douceur car sous son apparence aérienne, ce plat n'est pas des plus légers . Alors avant de nous mettre à table, allons nous dégourdir les jambes, munis d'une paire de ciseaux, de gants (pour les mains délicates) et d'un panier en osier.


La cueillette sauvage peut paraître très compliquée ou même dangereuse pour des citadins comme moi. Certains la considère comme arriérée car oui après tout « à quoi bon aller chercher des trucs verts et bizarres dans les bois quand on peut manger des grosses tomates bien rondes et brillantes (au goût subtilement discret) durant toute l'année? », justement pour respecter la nature et les saisons, pour manger des aliments savoureux et gorgés de bons nutriments, et bien sûr pour le plaisir de découvrir une nouvelle plante, de la sentir, de la cueillir, de la préparer, de la déguster. La cueillette est accessible à tous, elle nous offre le meilleur et ça n'a littéralement pas de prix, mon tout petit porte-monnaie qui me dit merci. Les grands chefs étoilés cuisinent les mauvaises herbes très très bonnes tout comme nos ancêtres les cueilleurs chasseurs. La cueillette nous rassemble quel que soit notre génération ou notre classe sociale autour de ce que nous offre spontanément la Nature sans l'action des Hommes. Bon, tout ça pour dire que la cueillette de plantes sauvages comestibles et médicinales est bien plus simple que l'on ne pourrait penser et c'est une « fille de la ville » qui a grandi bien loin du monde botanique qui le dit. Il suffit de quelques bouquins, de patience et de régularité, d'explorer, d'observer, de goûter, de vérifier, de retourner… J'y vais pas à pas, doucement et (plus ou moins) sûrement comme un escargot (forever) appréciant la verdure et la fraîcheur. Justement, le chardon Marie, gorgé d'eau, vert marbré d'un blanc laiteux (il paraît que ce serait le lait de la Vierge comme son nom l'indique) est le meilleur allié pour nettoyer et renforcer le foie et pour combattre les troubles digestifs tels que le la dyspepsie.  L'espèce est abondante dans les rocailles de la région méditerranéenne et fleurit également dans les terrains incultes plus au nord de l'Europe. On cueille ses feuilles encore jeunes et tendres vers avril ou mai avant que le chardon ne monte en fleur rose et piquante. Une plante qu'on retrouve dans les herboristeries, les pharmacies mais aussi dans l'assiette. Un peu comme les églantines (recette de confiture et tisane par ici, soupe suédoise par là), il faut prendre le chardon-Marie avec des pincettes et découper son contour épineux à l'aide de ciseaux, ensuite celui-ci est beaucoup plus docile et ne fera pas de mal à une mouche. Je l'ai apprivoisé dans un cake curcuma chardon-Marie fromage de brebis et ensuite je l'ai accommodé avec du parmesan et il a bien gonflé comme un soufflé, voici la recette.


Soufflé au chardon-Marie et parmesan 

- 80 g de chardon-Marie
- 45 g de beurre
- 30 cl de lait
- 3 oeufs
- 20 g de parmesan
- ciboulette
- sel marin
- poivre au moulin

Laisser tiédir les ingrédients. Découper le contour épineux des feuilles de chardon-Marie, les laver et les cuire à la vapeur pendant 5 minutes. Fouetter le beurre fondu avec la farine tamisée, ajouter le lait et continuer de fouetter. Séparer les jaunes des blancs d'oeufs et les ajouter au mélange. Hacher le chardon-Marie et la ciboulette, râper le parmesan avant de les rajouter au mélange. Saler et poivrer légèrement. Battre les blancs en neige et les incorporer délicatement à la préparation, tout en aérant le mélange. Verser la préparation dans des petits ramequins beurrés, en les remplissant d'un tiers. Enfourner dans un four préchauffé à 175°C pendant 20 à 30 minutes. Les sortir bien gonflés et  légèrement dorés, à déguster avec une salade par exemple (vive la vie en vert!). 

Chardon-Marie et soufflé printanier

samedi 28 mai 2016


Madeleine à bicyclette a un an, un mois, quelques semaines et quelques jours. Au parc du palais impérial de Kyoto, assise seule au milieu des cerisiers fleuris, de familles, collègues et touristes célébrant hanami, j'écrivais le premier article de ce blog. Il y a presque deux ans, je rencontrais Yehosua qui m'a gentiment concocté un plat mexicain épicé avec un sourire aussi éclatant que le soleil de Barcelone. Et puis, Madeleine à bicyclette me trotte dans la tête depuis bien plus longtemps. Vous l'avez compris, je suis très lente pour réaliser les (quelques) idées (des milliers) qui me traversent l'esprit. J'aime la slow food (et je mange lentement pour le plus grand plaisir de mes proches hahaha) et la slow life de manière générale. J'adorerai rencontrer plus souvent de nouvelles personnes, de nouveaux pays, de nouvelles spécialités culinaires mais je suis une tortue (pédalant à toute allure sur sa bicyclette) qui aime rêver et se promener (et puis manger mais ça, vous le saviez déjà). J'ai troqué ma Lorraine natale pour la belle région provençale jusqu'à l'automne et me voici entre les vignes et la garrigue sans connexion internet, ce qui n'accélérera pas mon tissage sur la toile. Je m'excuse pour ces silences prolongés sur cet espace de partage, pourtant les cueillettes sauvages et les expériences en cuisine n'ont jamais été aussi fréquentes. En tout cas, j'éprouve toujours un immense plaisir à recevoir vos petits mots et les photos des recettes essayées par certaines d'entre vous (hého, est-ce qu'il y a des mecs par ici?). D'ailleurs, il est temps de vous livrer une recette avec du chardon-Marie. Un nom peu appétissant et un aspect plutôt repoussant. Malgré ses nombreuses épines, il a très bon goût et veut tout notre bien. On le consomme au printemps pour nettoyer son foie après la nourriture riche de l'hiver. Cette fois-ci, c'est une transition en douceur car sous son apparence aérienne, ce plat n'est pas des plus légers . Alors avant de nous mettre à table, allons nous dégourdir les jambes, munis d'une paire de ciseaux, de gants (pour les mains délicates) et d'un panier en osier.


La cueillette sauvage peut paraître très compliquée ou même dangereuse pour des citadins comme moi. Certains la considère comme arriérée car oui après tout « à quoi bon aller chercher des trucs verts et bizarres dans les bois quand on peut manger des grosses tomates bien rondes et brillantes (au goût subtilement discret) durant toute l'année? », justement pour respecter la nature et les saisons, pour manger des aliments savoureux et gorgés de bons nutriments, et bien sûr pour le plaisir de découvrir une nouvelle plante, de la sentir, de la cueillir, de la préparer, de la déguster. La cueillette est accessible à tous, elle nous offre le meilleur et ça n'a littéralement pas de prix, mon tout petit porte-monnaie qui me dit merci. Les grands chefs étoilés cuisinent les mauvaises herbes très très bonnes tout comme nos ancêtres les cueilleurs chasseurs. La cueillette nous rassemble quel que soit notre génération ou notre classe sociale autour de ce que nous offre spontanément la Nature sans l'action des Hommes. Bon, tout ça pour dire que la cueillette de plantes sauvages comestibles et médicinales est bien plus simple que l'on ne pourrait penser et c'est une « fille de la ville » qui a grandi bien loin du monde botanique qui le dit. Il suffit de quelques bouquins, de patience et de régularité, d'explorer, d'observer, de goûter, de vérifier, de retourner… J'y vais pas à pas, doucement et (plus ou moins) sûrement comme un escargot (forever) appréciant la verdure et la fraîcheur. Justement, le chardon Marie, gorgé d'eau, vert marbré d'un blanc laiteux (il paraît que ce serait le lait de la Vierge comme son nom l'indique) est le meilleur allié pour nettoyer et renforcer le foie et pour combattre les troubles digestifs tels que le la dyspepsie.  L'espèce est abondante dans les rocailles de la région méditerranéenne et fleurit également dans les terrains incultes plus au nord de l'Europe. On cueille ses feuilles encore jeunes et tendres vers avril ou mai avant que le chardon ne monte en fleur rose et piquante. Une plante qu'on retrouve dans les herboristeries, les pharmacies mais aussi dans l'assiette. Un peu comme les églantines (recette de confiture et tisane par ici, soupe suédoise par là), il faut prendre le chardon-Marie avec des pincettes et découper son contour épineux à l'aide de ciseaux, ensuite celui-ci est beaucoup plus docile et ne fera pas de mal à une mouche. Je l'ai apprivoisé dans un cake curcuma chardon-Marie fromage de brebis et ensuite je l'ai accommodé avec du parmesan et il a bien gonflé comme un soufflé, voici la recette.


Soufflé au chardon-Marie et parmesan 

- 80 g de chardon-Marie
- 45 g de beurre
- 30 cl de lait
- 3 oeufs
- 20 g de parmesan
- ciboulette
- sel marin
- poivre au moulin

Laisser tiédir les ingrédients. Découper le contour épineux des feuilles de chardon-Marie, les laver et les cuire à la vapeur pendant 5 minutes. Fouetter le beurre fondu avec la farine tamisée, ajouter le lait et continuer de fouetter. Séparer les jaunes des blancs d'oeufs et les ajouter au mélange. Hacher le chardon-Marie et la ciboulette, râper le parmesan avant de les rajouter au mélange. Saler et poivrer légèrement. Battre les blancs en neige et les incorporer délicatement à la préparation, tout en aérant le mélange. Verser la préparation dans des petits ramequins beurrés, en les remplissant d'un tiers. Enfourner dans un four préchauffé à 175°C pendant 20 à 30 minutes. Les sortir bien gonflés et  légèrement dorés, à déguster avec une salade par exemple (vive la vie en vert!). 


Il y a exactement un an, j'étais au Japon, un pays dont je ne connaissais pas grand chose, une île longtemps fermée, une culture unique, oui c'est vrai chaque pays est unique et a sa culture propre, mais au Japon, c'est encore plus... spécial. Dans le bon sens du terme. Comme vous l'avez vu par ici, j'ai rencontré des gens très chouettes qui cuisinaient délicieusement bien. Le pays du Soleil Levant est définitivement une destination rêvée pour les gourmands et gourmets un tant soit peu curieux mais aussi pour ceux qui apprécient la beauté du quotidien, discrète et humble et pourtant très travaillée et recherchée. Beaucoup de japonais ont un don pour cultiver la beauté et tous ont une exigence proche de la perfection. Les jardiniers sont à la fois sculpteurs et danseurs, pieds nus ou perchés en équilibre sur leurs échelles pour veiller à l'harmonie d'un jardin dont on ressort apaisé. Une ou plusieurs dizaines d'années sont nécessaires pour devenir maître et chef sushi et puis on ne commence jamais trop tôt pour viser l'excellence, les enfants travaillent jusqu'à dix ou onze heures du soir pour faire leurs devoirs. Vous avez compris, la barre est placée très haut, ce qui donne à ce pays une tradition fascinante, des japonais passionnés et talentueux mais aussi un rythme de vie effréné et une pression omniprésente. Heureusement qu'il reste les onsen pour se détendre. Bon, je crois que je m'éloigne un peu du sujet, quoi que cet article touche à la beauté et la recherche sans interruption de la perfection. La beauté physique et la jeunesse sont des qualités extrêmement importantes au Japon, particulièrement pour les femmes... Rien ne leur fait plus plaisir qu'un "you look ten years younger" (ce qui est très souvent le cas, quand ce n'est pas vingt ans de moins!). Pourtant, je trouve ça tellement beau de vieillir, une chevelure blanche illumine un visage, les rides comptent des histoires. Les japonaises gardent leurs cheveux noirs et brillants ainsi que leur peau lisse et laiteuse de bébé pendant très longtemps et elles sont sublimes. Leur secret fait partie de leur alimentation quotidienne: le riz.


Et oui, la santé et la beauté passe toujours par l'assiette et n'oublions pas le petit verre de saké! Dans une automobile, j'ai rencontré un couple mère-fille qui je vous le donne dans le mille, faisaient... quinze ans de moins, quand je leur ai demandé quel était leur secret elles ont prononcé, le sourire aux lèvres, "o sake". L'alcool de riz consommé avec modération est un vrai élixir de jouvence. Santé! Une amie m'a aussi confié qu'elle utilise l'eau de rinçage du riz pour sublimer sa peau et c'est un secret de grand mères very healthy bien connu en Asie. Le riz contient des acides gras essentiels et de la vitamine E qui protègent du vieillissement cutané. L'eau de riz resserre les pores et a un effet matifiant sur la durée, et ce n'est pas de refus avec le retour des beaux jours, le bourgeonnement et la peau qui brille. L'amidon qui colore l'eau d'un blanc laiteux soigne l'eczéma. L'eau de riz fait du bien à notre peau et en plus c'est aussi écologique qu'économique. Préférez un riz complet riche en manganèse et sélénium qui sont de puissants antioxydants prévenant la formation de radicaux libres. L'indice glycémique du riz complet est inférieur, vous serez rassasié pour plus longtemps et en plus vous vous régalerez. Hop, je vous livre la recette si on peut appeler ça comme ça...

Eau de riz - beauté du Japon

- riz thaï parfumé et complet bio
- eau

Faire tremper le riz complet toute une nuit, filtrez l'eau, et puis c'est tout! Le bocal doit être bien propre et si possible préalablement stérilisé dans de l'eau bouillante. L'eau de beauté se conserve 10 jours au réfrigérateur.

J'utilise l'eau de riz très simplement après avoir lavé mon visage avec du savon de Marseille et légèrement exfolié avec une éponge en loofah. C'est frais et ça sent divinement bon le riz thaï parfumé. Un vrai délice olfactif! Vous pouvez ensuite l'utiliser au quotidien (on secoue bien le bocal à chaque utilisation) en tant que tonique ou pour nettoyer votre visage. On hydrate bien son visage ensuite, avec de l'huile de coco par exemple pour continuer notre voyage en Asie.

EDIT : bien sûr le principe de cette eau de beauté fonctionne avec tous les riz (mais l'odeur du riz thaïlandais parfumé n'a pas de prix) (ok, j'arrête de vous embêter avec ça) d'ailleurs les japonais utilisent le riz local. Le riz de Camargue fait parfaitement l'affaire. Si vous le choisissez blanc, réduisez le temps de trempage à une heure. Je vous laisse avec ces photos de Omishima, une île rurale au milieu de la mer intérieure de Seto. Un endroit paradisiaque qui m'évoque fraicheur et pureté.

Le secret de beauté des japonaises

dimanche 24 avril 2016


Il y a exactement un an, j'étais au Japon, un pays dont je ne connaissais pas grand chose, une île longtemps fermée, une culture unique, oui c'est vrai chaque pays est unique et a sa culture propre, mais au Japon, c'est encore plus... spécial. Dans le bon sens du terme. Comme vous l'avez vu par ici, j'ai rencontré des gens très chouettes qui cuisinaient délicieusement bien. Le pays du Soleil Levant est définitivement une destination rêvée pour les gourmands et gourmets un tant soit peu curieux mais aussi pour ceux qui apprécient la beauté du quotidien, discrète et humble et pourtant très travaillée et recherchée. Beaucoup de japonais ont un don pour cultiver la beauté et tous ont une exigence proche de la perfection. Les jardiniers sont à la fois sculpteurs et danseurs, pieds nus ou perchés en équilibre sur leurs échelles pour veiller à l'harmonie d'un jardin dont on ressort apaisé. Une ou plusieurs dizaines d'années sont nécessaires pour devenir maître et chef sushi et puis on ne commence jamais trop tôt pour viser l'excellence, les enfants travaillent jusqu'à dix ou onze heures du soir pour faire leurs devoirs. Vous avez compris, la barre est placée très haut, ce qui donne à ce pays une tradition fascinante, des japonais passionnés et talentueux mais aussi un rythme de vie effréné et une pression omniprésente. Heureusement qu'il reste les onsen pour se détendre. Bon, je crois que je m'éloigne un peu du sujet, quoi que cet article touche à la beauté et la recherche sans interruption de la perfection. La beauté physique et la jeunesse sont des qualités extrêmement importantes au Japon, particulièrement pour les femmes... Rien ne leur fait plus plaisir qu'un "you look ten years younger" (ce qui est très souvent le cas, quand ce n'est pas vingt ans de moins!). Pourtant, je trouve ça tellement beau de vieillir, une chevelure blanche illumine un visage, les rides comptent des histoires. Les japonaises gardent leurs cheveux noirs et brillants ainsi que leur peau lisse et laiteuse de bébé pendant très longtemps et elles sont sublimes. Leur secret fait partie de leur alimentation quotidienne: le riz.


Et oui, la santé et la beauté passe toujours par l'assiette et n'oublions pas le petit verre de saké! Dans une automobile, j'ai rencontré un couple mère-fille qui je vous le donne dans le mille, faisaient... quinze ans de moins, quand je leur ai demandé quel était leur secret elles ont prononcé, le sourire aux lèvres, "o sake". L'alcool de riz consommé avec modération est un vrai élixir de jouvence. Santé! Une amie m'a aussi confié qu'elle utilise l'eau de rinçage du riz pour sublimer sa peau et c'est un secret de grand mères very healthy bien connu en Asie. Le riz contient des acides gras essentiels et de la vitamine E qui protègent du vieillissement cutané. L'eau de riz resserre les pores et a un effet matifiant sur la durée, et ce n'est pas de refus avec le retour des beaux jours, le bourgeonnement et la peau qui brille. L'amidon qui colore l'eau d'un blanc laiteux soigne l'eczéma. L'eau de riz fait du bien à notre peau et en plus c'est aussi écologique qu'économique. Préférez un riz complet riche en manganèse et sélénium qui sont de puissants antioxydants prévenant la formation de radicaux libres. L'indice glycémique du riz complet est inférieur, vous serez rassasié pour plus longtemps et en plus vous vous régalerez. Hop, je vous livre la recette si on peut appeler ça comme ça...

Eau de riz - beauté du Japon

- riz thaï parfumé et complet bio
- eau

Faire tremper le riz complet toute une nuit, filtrez l'eau, et puis c'est tout! Le bocal doit être bien propre et si possible préalablement stérilisé dans de l'eau bouillante. L'eau de beauté se conserve 10 jours au réfrigérateur.

J'utilise l'eau de riz très simplement après avoir lavé mon visage avec du savon de Marseille et légèrement exfolié avec une éponge en loofah. C'est frais et ça sent divinement bon le riz thaï parfumé. Un vrai délice olfactif! Vous pouvez ensuite l'utiliser au quotidien (on secoue bien le bocal à chaque utilisation) en tant que tonique ou pour nettoyer votre visage. On hydrate bien son visage ensuite, avec de l'huile de coco par exemple pour continuer notre voyage en Asie.

EDIT : bien sûr le principe de cette eau de beauté fonctionne avec tous les riz (mais l'odeur du riz thaïlandais parfumé n'a pas de prix) (ok, j'arrête de vous embêter avec ça) d'ailleurs les japonais utilisent le riz local. Le riz de Camargue fait parfaitement l'affaire. Si vous le choisissez blanc, réduisez le temps de trempage à une heure. Je vous laisse avec ces photos de Omishima, une île rurale au milieu de la mer intérieure de Seto. Un endroit paradisiaque qui m'évoque fraicheur et pureté.


Le printemps accompagné ses bourgeons, fleurs et feuilles pointent le bout de leur nez, la saison des truffes est déjà bien terminée, j'écris ce billet avec un demi-équinoxe de retard, mais dirons-nous que c'est un voyage dans le temps... Décembre dernier, pendant que tout le monde partait à la chasse aux cadeaux à déposer sous le sapin pailleté, c'est à la recherche de truffes grises auprès des chênes dénudés que je suis allée avec Gérard et Gribouille. Petites précisions, Gérard est un grand amateur et cueilleur de champignons et depuis quatre ans il s'est mis aux hypogés dont la réputation n'est plus à flaire faire. Au même moment, il a fait la connaissance de Gribouille, ce lagotto romagnolo au poil frisé qui a du chien et depuis c'est l'amour, le vrai. Leur relation est fusionnelle et c'était beau de les voir travailler ensemble dans leur quête commune de tuber uncinatum ou la truffe de Bourgogne. Cette dernière se trouve aussi dans ma région, la Lorraine, elle a une peau noire verruqueuse et sa chair est marbrée de gris. Plus elle est foncée, plus est elle est mature et goûtue, par contre sa taille influence son prix mais pas ses arômes. On la récolte d'octobre à janvier. Certains la cultivent, mais c'est sauvage qu'on l'a "cavé", vous savez que j'ai toujours un petit faible pour les plantes et champignons comestibles qui poussent spontanément en milieu naturel. La truffe grise aime les sols calcaires, en pente de préférence, apprécie la présence de divers amis comme le noisetier, l'hêtre, le charme et bien évidement le chêne, roi de la forêt avec qui elle noue des relations étroites et enrichissantes, l'un offrant sucres et vitamines au champignon qui donne en retour des minéraux à l'arbre. Symbiose parfaite. C'est donc sous terre, qu'on va aller la déterrer avant de la déguster. Enfin, je dis on mais c'est surtout le chien italien la truffe en alerte qui fait le travail sous les yeux encourageants de son maître. Parfois, Gribouille la fripouille aime se faire prier mais quand il a flairé le trésor enfoui, Gérard enjambe troncs et autres pièges de la forêt en courant pour récupérer le champignon intact, féliciter et câliner son fidèle compagnon. J'ai été très touchée par ces beaux moments de complicité.


Ce jour là, on a trouvé une quarantaine de truffes ici et là, j'en ai préparé quelques unes tout simplement pour profiter au mieux de ses arômes sans les altérer. J'ai donc cuisiné un écrasé de pommes de terre en suivant les précieux conseils de Gérard. Ça aurait été dommage de servir le plat froid aux invités, cette fois-ci, je n'ai aucune photo culinaire, juste un tout petit aperçu au moment de la préparation sur instagram. Mais croyez-moi, c'était bon, c'était même très très bon. Je suis nulle pour mettre des mots sur des saveurs mais les adjectifs "boisé" "terreux" "ni végétal, ni animal" et même "umami" me viennent à l'esprit. Sans aucun doute, cette truffe avait un goût suave et un caractère bien trempé. Un délice.

Écrasé de pommes de terre à la truffe

- pommes de terre
- truffes de Bourgogne
- beurre (1,5 fois le poids des truffes, par exemple si vous avez 30 grammes de truffes, utilisez 45 grammes de beurre)
- sel marin

Les truffes se conservent dans un sac en papier, dans le bac à légumes du frigo pendant une semaine maximum. La cuisson des truffes ne doit jamais excéder les 60°C.

Brosser, laver et sécher les truffes. Les couper en fines lamelles puis recouper ces lamelles en petits morceaux. Bien mélanger dans le beurre mou. Laisser infuser au moins 24 heures au frigo. Faire cuire les pommes de terre épluchées dans l'eau, les écraser à la fourchette, saler et ajouter le beurre truffé. Et puis, régalez-vous.

Cavage de la truffe avec Gérard et Gribouille

mercredi 23 mars 2016


Le printemps accompagné ses bourgeons, fleurs et feuilles pointent le bout de leur nez, la saison des truffes est déjà bien terminée, j'écris ce billet avec un demi-équinoxe de retard, mais dirons-nous que c'est un voyage dans le temps... Décembre dernier, pendant que tout le monde partait à la chasse aux cadeaux à déposer sous le sapin pailleté, c'est à la recherche de truffes grises auprès des chênes dénudés que je suis allée avec Gérard et Gribouille. Petites précisions, Gérard est un grand amateur et cueilleur de champignons et depuis quatre ans il s'est mis aux hypogés dont la réputation n'est plus à flaire faire. Au même moment, il a fait la connaissance de Gribouille, ce lagotto romagnolo au poil frisé qui a du chien et depuis c'est l'amour, le vrai. Leur relation est fusionnelle et c'était beau de les voir travailler ensemble dans leur quête commune de tuber uncinatum ou la truffe de Bourgogne. Cette dernière se trouve aussi dans ma région, la Lorraine, elle a une peau noire verruqueuse et sa chair est marbrée de gris. Plus elle est foncée, plus est elle est mature et goûtue, par contre sa taille influence son prix mais pas ses arômes. On la récolte d'octobre à janvier. Certains la cultivent, mais c'est sauvage qu'on l'a "cavé", vous savez que j'ai toujours un petit faible pour les plantes et champignons comestibles qui poussent spontanément en milieu naturel. La truffe grise aime les sols calcaires, en pente de préférence, apprécie la présence de divers amis comme le noisetier, l'hêtre, le charme et bien évidement le chêne, roi de la forêt avec qui elle noue des relations étroites et enrichissantes, l'un offrant sucres et vitamines au champignon qui donne en retour des minéraux à l'arbre. Symbiose parfaite. C'est donc sous terre, qu'on va aller la déterrer avant de la déguster. Enfin, je dis on mais c'est surtout le chien italien la truffe en alerte qui fait le travail sous les yeux encourageants de son maître. Parfois, Gribouille la fripouille aime se faire prier mais quand il a flairé le trésor enfoui, Gérard enjambe troncs et autres pièges de la forêt en courant pour récupérer le champignon intact, féliciter et câliner son fidèle compagnon. J'ai été très touchée par ces beaux moments de complicité.


Ce jour là, on a trouvé une quarantaine de truffes ici et là, j'en ai préparé quelques unes tout simplement pour profiter au mieux de ses arômes sans les altérer. J'ai donc cuisiné un écrasé de pommes de terre en suivant les précieux conseils de Gérard. Ça aurait été dommage de servir le plat froid aux invités, cette fois-ci, je n'ai aucune photo culinaire, juste un tout petit aperçu au moment de la préparation sur instagram. Mais croyez-moi, c'était bon, c'était même très très bon. Je suis nulle pour mettre des mots sur des saveurs mais les adjectifs "boisé" "terreux" "ni végétal, ni animal" et même "umami" me viennent à l'esprit. Sans aucun doute, cette truffe avait un goût suave et un caractère bien trempé. Un délice.

Écrasé de pommes de terre à la truffe

- pommes de terre
- truffes de Bourgogne
- beurre (1,5 fois le poids des truffes, par exemple si vous avez 30 grammes de truffes, utilisez 45 grammes de beurre)
- sel marin

Les truffes se conservent dans un sac en papier, dans le bac à légumes du frigo pendant une semaine maximum. La cuisson des truffes ne doit jamais excéder les 60°C.

Brosser, laver et sécher les truffes. Les couper en fines lamelles puis recouper ces lamelles en petits morceaux. Bien mélanger dans le beurre mou. Laisser infuser au moins 24 heures au frigo. Faire cuire les pommes de terre épluchées dans l'eau, les écraser à la fourchette, saler et ajouter le beurre truffé. Et puis, régalez-vous.

Instagram

© Madeleine à bicyclette. Design by Fearne.